20 octobre 2006
Lorsque j’étais une œuvre d’art, Eric-Emmanuel Schmidt
J’avais déjà lu des œuvres d’Eric-Emmanuel Schmidt, et
j’avais déjà été époustouflée par sa plume juste et subtile, distillant
savamment émotions, suspense, horreur ou rire.
11 octobre 2006
David Abiker - Le Mur des Lamentations
Tous victimes et fiers
de l’être
Prochaine lecture : Lorsque j'étais une oeuvre d'art, d'Eric Emmanuel-Schmitt
03 octobre 2006
People or not People - Lauren Weisberger
Je ne l’ai pas fait exprès, mais je termine à l’instant ou
presque le dernier opus de la miss Weisberger… Celle là même qui a écrit Le diable s’habille en Prada. La journée
sera donc placée sous le signe de la lecture de greluche. Avouez que vous êtes
ravis !
Prochaine lecture : Le mur des lamentations de David Abiker. Je l’ai commencé et je le dévore déjà non stop… à suivre !
01 septembre 2006
Pierre Assouline - Lutetia
Un livre très déroutant. Un monument dérangeant. Une trame… obsédante !
Le pitch d’Amazone : Tapi
dans les recoins les plus secrets du Lutetia, un homme voit l'Europe
s'enfoncer dans la guerre mondiale. Edouard Kiefer, Alsacien, ancien
flic des RG. Détective chargé de la sécurité de l'hôtel et de ses
clients. Discret et intouchable, nul ne sait ce qu'il pense. Dans un
Paris vaincu, occupé, humilié, aux heures les plus sombres de la
collaboration, cet homme est hanté par une question : jusqu'où peut-on
aller sans trahir sa conscience ? De 1938 à 1945, l'hôtel Lutetia -
l'unique palace de la rive gauche - partage le destin de la France.
Entre ses murs se succèdent exilés, écrivains et artistes, puis
officiers nazis et trafiquants du marché noir, pour laisser place enfin
à la cohorte des déportés de retour des camps. En accordant précision
biographique et souffle romanesque, Pierre Assouline redonne vie à la
légende perdue du grand hôtel, avec un art du clair-obscur qui convient
mieux que tout autre au mythique Lutetia.
Mon avis à moa : Lutetia revient sur la période obscure de ce grand hôtel parisien, réquisitionné comme tant d’autres lors de la seconde guerre mondiale par les allemands. Une histoire passionnante, parce qu’elle nous conte des anecdotes peu ou mal connues sur cette période trouble : comment l’hôtel et son personnel ont fait face à l’occupation ? Comment ont-ils supporté ce joug intolérable ? Comment, surtout, sont-ils passé de l’occupation allemande à l’accueil des déportés ? Le livre est souvent bouleversant, même si il manque parfois de sentiments,surtout dans les deux premières parties. Non pas que j’aurais préféré tomber dans une démonstration ostentatoire et finalement gênante, mais le narrateur, fil conducteur de cette histoire, est parfois un peu trop réservé.
Je crois qu’in fine, ce qui m’a le plus gêné dans ce livre, c’est le
mélange que Pierre Assouline fait de l’histoire et de la fiction.
Comment faire la part des choses et savoir ce qui est vrai de ce qui ne
l’est pas ? J’avoue avoir un peu de mal à faire la part des choses. A
mon sens, on écrit soit un roman historique, soit une fiction. Mais pas
une fiction historique. L’écriture est qui plus est parfois un peu
poussive, surtout dans la première partie du livre, même si je l'ai
malgré tout apprécié !
28 août 2006
A vos marques, prêts, lisez ?
J’adore plus que tout lire. Sans la lecture, j’aurais l’impression
qu’on m’ampute d’une partie de moi-même, d’une partie de mes attentes et de mes
fenêtres vers autant d’univers qui tour à tour, m’envoûtent, me séduisent, m’énervent,
m’émeuvent, parfois jusqu’aux larmes !, me font rire ou m’ennuient. Je
suis une boulimique de lecture. Je lis de tout, dès que je le peux. Des romans
sérieux, des livres pour rire, un soupçon de romans policiers, rarement des
livres de société ou d’actualité, des romans visionnaires ou hisotirques et parfois même, des livres en anglais,
histoire de. Oh évidemment, avec une vie trépidante et truculente comme la
mienne, je ne lis pas 15 heures par jour, vous vous en doutez. Menfin j’aime
ça, vous l’aurez compris.
Et vous, êtes-vous rentrée littéraire ou non ?
14 août 2006
Belle du Seigneur - Albert Cohen
Ayé ! Au bout d'un mois et demi, je termine enfin Belle du Seigneur.
Je sors de cette lecture aussi perplexe que ravie, aussi déroutée qu'envoutée, aussi stupéfaite que charmée... Car cette Oeuvre ne se résume pas en quelques lignes, loin s'en faut ! Et combien d'avis avais-je eus avant cette lecture ! J'avais déjà l'impression de connaître le livre avant même de l'avoir lu, ce qui m'a menée droit dans le guidon, d'ailleurs : allez savoir pourquoi, j'étais persuadée que l'intrigue se nouait aux alentours de la fin du 18ème siècle, avec robes à crinoline et tout le tintouin.. Faux, puisque Albert Cohen campe son amour passion dans l'entre deux guerres, en 1935, même.
Quoiqu'il en soit, j'ai énormément aimé cette lecture. On ne ressort pas indemne de Belle du Seigneur. Longtemps, le livre revient en mémoire et on se prend à penser à tel ou tel aspect des choses, de l'intrigue, de cette passion aussi dévorante que destructrice...
Je suis pour ma part complétement bluffée par l'écriture d'Albert Cohen, juste, précise, envoûtante et captivante. Certaines phrases m'ont complétement remuée, en quelques mots à peine.. J'ai aimé plus que tout la satire de la société bourgeoise dont les acteurs sont obnubilés par leurs stratégies d'ascension sociale : toutes les manoeuvres décrites par Cohen sont savoureuses ! Evidemment adoré cette passion amoureuse tellement entière, tellement savoureuse, tellement bien mise en scène... j'en ai encore des frissons. Et ce constat que je trouve plus que vrai, pour ma part, et qui est qu'un amour se nourrit forcément du social, au risque de péricliter autrement. Et aussi, cette description de l'antisémitisme montant, et la manière dont un juif peut percevoir cette haine aussi violente qu'hypocrite... somptueux.
Oh bien sûr je vous l'accorde, parfois Belle du Seigneur prend ses aises et se traîne un peu. Langoureusement, follement, suavement, avidement... mais parfois aussi un chouïa rasant ! Les monologues en sont un bon exemple. J'aime le principe, mais on finit quand même par s'en lasser. Cela étant, à part ça, rien à dire. Belle du Seigneur est réellement un petit bijou et je ne regrette qu'une seule chose : ne pas l'avoir lu avant !
Prochaine lecture : Lutétia, de Pierre Assouline
04 août 2006
Mes lectures d'été
Embarquement
pour le sud dans quelques malheureuses petites heures, impensable de ne
pas passer dans la Fnac la plus proche pour faire le plein de livres à
déguster au petit bonheur la chance, doigts de pieds dans l'eau, crème
solaire sur la peau et lunettes obviously de pétasse sur le nez.
Comme d'habitude, faire un choix dans les rayons de la Fnac relève d'une mission aussi périlleuse qu'angoissante : j'ai envie de tout acheter, mais ma carte bleue, encore elle, toujours elle !, n'est pas toujours d'accord avec mes choix. je déambule donc entre les rayons littérature française et littérature étrangère, je choisis toujours des livres de poche, moins chers, moins encombrants, j'en selectionne autant que je peux en porter à bout de bras. Vient ensuite l'étape critique du tri... La moitié des livres choisis n'y survivra pas !! Je repose tant bien que mal les livres rejetés, ils avaient pourtant l'air si appétissants !!, relis une ou deux fois les résumés de 4ème de couverture comme ils disent, (mais au fait, est-ce bien la 4ème de couv ? je suis prise d'un affreux doute !), et repars avec 3 livres les jours où la carte bleue est mal lunée, 6 lorsqu'elle se laisse amadouer par mes suppliques dignes des plus belles déclarations d'amour.
Voilà donc la sélection de l'été que je vous soumets pour vous donner éventuellement quelques pistes de lectures. Je ne les ai pas lu, évidemment, sinon je ne les aurais pas achetés !
Lutetia, de Pierre Assouline.
Mon premier livre
de cet auteur. Mais le résumé m'a inspirée : Le Lutetia,
le mythique – et unique – palace de la Rive gauche… tel est
le cadre du nouveau et très réussi roman de Pierre Assouline, brillant
journaliste (ex-rédacteur en chef de Lire actuellement chroniqueur sur le site Internet du Monde),
biographe incomparable (Gaston Gallimard, Simenon, Hergé, la famille
Camondo) et romancier aux sujets toujours captivants, dont Double vie… Ici, le héros en mène une, de double vie, puisqu’il s’agit d’un
ancien des RG reconverti dans la protection discrète des clients du
prestigieux hôtel. Témoin des histoires qui agitent le Lutetia entre
1938 et 1945, il nous prend par la main pour revivre les heures sombres
de la collaboration et côtoyer artistes et officiers nazis, petit
personnel et grandes ordures du marché noir avant que l’hôtel ne se
transforme en lieu de retour des déportés (ce que certains ont
peut-être pu lire dans le très beau roman de Soazig Aaron, Le Non de Klara).
La particularité de cet homme double arpentant les couloirs de
l’hôtel ? Son côté tout simplement humain, obsédé qu’il est par la
question de la morale individuelle… et donc par les mille et une
manières de la trahir ou de la respecter.
Un roman d’une grande intelligence où le plaisir de la fiction est parfaitement servi par une érudition à toute épreuve.
Cliente, de Josiane Balasko
Parce que j'aime l'actrice et parce que j'avais entendu parlé de son roman. L'ayant apperçu sur un coin de gondole, hop !
Fanny et Marco sont mariés depuis quatre ans. Ils s’aiment. Elle
travaille dans un salon de coiffure, lui exécute de petits boulots sur
des chantiers. Du moins, c’est ce qu’elle croit, jusqu’au jour où elle
découvre son vrai métier : escort boy. Marco se prostitue. Il vend ses charmes à des femmes riches et solitaires.
Parmi ces dernières, Judith, animatrice d’une émission de télé-achat,
qui s’est attachée au jeune homme au point de le recevoir chez elle…
L’intrigue est nouée. Les relations du trio vont-elles tourner au drame
ou à la farce, au vaudeville ou à la comédie de mœurs ?
Comédienne adorée du grand public, mais aussi scénariste et
réalisatrice, Josiane Balasko nous fait passer du rire aux larmes avec
autant de brio que de tendresse. Et c’est en vraie romancière qu’elle
dépeint aussi bien le jeune couple amoureux que l’angoisse d’une femme
libre, désemparée face à l’âge qui vient…
Bubble Gum, de Lolita Pille
J'avais adoré Hell,
allez savoir pourquoi.. ! La jeunesse dorée m'énerve, j'ai envie de
leur coller des claques et je suis tout sauf envieuse. Pourtant, j'ai
aimé ce livre, plus que de raison. J'ai été émue, touchée, emballée par les
écrits de cette très jeune auteure... Tant et si bien que
j'ai eu envie de lire son deuxième roman.
Le pitch de la Fnac pour Bubble Gum : De nos jours, Cendrillon s’ennuie à servir des pastis dans un bistro de
province. Le bal dont elle rêve, c’est celui des photos de mode, du
cinéma et de la presse « people ».
Ce rêve, Manon va s’efforcer
de le réaliser. Elle est jolie, et il ne lui faut qu’un peu d’audace et
une robe sexy pour se glisser dans les soirées parisiennes de la jet
set, où elle rencontre Derek, un milliardaire désabusé qui grille sa
vie entre la drogue, l’alcool et les orgies. C’est cet homme qui va lui
tendre un piège terrible, l’amener au bord de la déchéance et de la
folie… La très jeune romancière de Hell,
grand succès de librairie déjà traduit en cinq langues, décrit avec une
lucidité impitoyable un monde où chacun est prêt à se damner pour un
quart d’heure de fausse gloire. Et impose un tempérament d’écrivain
avec lequel, indiscutablement, il va falloir compter.
L'attrape coeur, de Jérôme-David Salinger
Celui là, on me le conseille souvent. Il paraît que c'est un classique, un livre boulversifiant. Je ne demande qu'à voir !
Holden Caufield, 16 ans, est renvoyé de la pension où il ne fait pas
grand chose. L’adolescent aussi désoeuvré que désabusé décide de
traîner dans les rues de New-York au lieu de rentrer chez lui. Il nous
raconte son histoire tout en refusant de « défiler sa complète
autobiographie ». Au cours de son récit, on pressent avec force ce
qu’il se contente d’évoquer : la douleur qui a suivi la mort de son
frère, le malaise qui sourd en lui, ses difficultés d’adaptation, la
grande tendresse qu'il voue à sa petite soeur… Lors de cette
déambulation qui peut s'apparenter à une quête, Holden fera de bonnes
et de mauvaises rencontres qui vont finalement l'inciter à revenir sur
la bonne voie...
L'oeuvre de Dieu, la part du diable, de John Irving
Là,
je dois dire que j'étais moyennement convaincue. Irving, j'ai donné :
la quatrième main et le monde selon Garp, j'ai pas exactement aimé.
J'ai trouvé ça long et hyper ennuyeux.. Je crois que je n'ai même pas
terminé le second, fait rarissime dans mes habitudes de lectrice ! Mais
je t'ai écouté, cher public, toi qui m'a vivement recommandé et plus
d'une fois encore ce livre.. Je me lance donc !
Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, le pitch Fnac : Le docteur Wilbur Larch ne met au monde que des enfants non désirés,
qui trouveront rapidement des parents adoptifs. C'est là "l'oeuvre de
Dieu". Mais ce gynécologue excentrique assume également la "part du
Diable" en pratiquant l'avortement clandestin. Que faire lorsqu'un
orphelin refuse de quitter l'orphelinat, son véritable foyer ? Entre le
médecin aux deux visages et le jeune garçon rebelle, des liens vont se
former. Armé de son optimisme légendaire, John Irving décrit les
situations les plus dramatiques sans jamais sombrer dans le pathos. Un
roman à couper le souffle.
Et enfin, si je suis malgré ça encore en manque alors que je n'aurais de toutes façons pas le temps de terminer Belle du Seigneur et de lire ces 5 livres, j'irais me procurer Les Enfants du Plastique de Thomas Clément. Si le livre reflète un tant soit peu son auteur, il y a une forte chance pour qu'il soit intéressant.
Avec tous ces trésors, ma valise pèse à peine 5 kg sans
l'intégralité des choses absolument IN-DIS-PEN-SABLES que je vais y
rajouter.. Je suis ravie !
25 juillet 2006
10 pistes de lectures pour cet été, et plus si affinité...
J'ai pu remarquer que je n'étais pas la seule à être une boulimique de lecture. ça et là, des conseils fusent et m'aident à faire mon choix devant les rayons toujours plus impressionnants des librairies !
Voilà donc quelques pistes complétement hétéroclites et arbitraires à déguster sans modération cet été, au bord de la plage, les pieds dans l'eau, dans le métro ou au vert !
L’Ecume des Jours, Boris Vian
Un petit bijou du loufoque, ça n’est rien de le dire ! Derrière ce titre
pétillant se cache une histoire d’amour tragique et drôle tout à la fois, sur
fond de jazz et de science fiction. Le cauchemar côtoie le burlesque, Sartre
est tourné en dérision et les jeux de mots abondent dans ce grand roman qui ne
nous laisse pas indifférent, et qui est d’ailleurs une de mes lectures
préférées. Les amoureux de jazz seront particulièrement bien servis, avec Duke
Ellington en « musique » de fond d’un bout à l’autre du roman… à déguster sans
modération !
L’Amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder
Là, je vous vois frémir. Ah non !! Pas lui ! Avec son menton en galoche et sa
tête à claque, je REFUSE de parcourir ne serait ce qu’une seule de ses lignes !
Et bien vous avez tort. S’il est vrai que le personnage est parfois pénible,
ses écrits, eux, sont exquis. Une bonne dose d’humour noir et corrosif, ajoutez
à cela une cuillère à soupe de dérision et une pointe de mauvaise foi, et vous
obtenez un grand cru façon Beigbeder. L’Amour
dure trois ans est, à mon très humble avis, son œuvre majeure. Elle trouve
d’ailleurs écho dans la plupart de ses autres romans, y compris dans Windows
on The World, que je vous recommande tout aussi chaleureusement, bien que
ce roman soit un peu différent des autres. Certes le cynisme y est toujours de
mise, (et heureusement, car dans le cas contraire, on sombrerait vite dans la
déprime) mais dans une moindre mesure. J’ai particulièrement aimé également la
manière dont cet événement a été traité : ni larmoyant, ni accusateur. Un
simple constat tragique sur fond de comédie burlesque, si ce n’est que la
réalité ne peut être occultée…En revanche, vu que pour le coup, j’ai totalement
occulté L’Amour dure trois ans pour
parler de Windows on The World, je vous invite à le lire pour vous faire
votre propre avis.
Amour, Prozac et autres curiosités, Lucia Etxebarria
La lecture transat par excellence ! L’auteur croise les portraits de trois
sœurs dans l’Espagne de l’après Movida. Elles sont on ne peut plus différentes,
à tel point qu’elles n’arrivent plus vraiment à communiquer. Mais les
apparences sont parfois trompeuses et bien malin sera le lecteur qui ne
succombera pas à sa première impression ! C’est drôle, parfois un peu trash et
très souvent émouvant.
Métaphysique des tubes, Amélie Nothomb
Le « problème » d’Amélie Nothomb, si je puis m’exprimer ainsi, est qu’elle
écrit beaucoup. Trop pour certains, qui ne la perçoivent que comme un simple
produit marketing se contentant de jouer de son image de personnage fantasque
et décalé pour promouvoir le roman qu’elle sort à chaque rentrée littéraire,
rituel immuable depuis 1992. Cette impression est regrettable, car l’écrivain
belge a une plume divinement ensorcelante dont, logiquement, on ne se lasse
point. Son style est frais et accrocheur, servi par un vocabulaire
somptueux…Amoureux des mots, Amélie Nothomb vous ravira. La laideur, la beauté,
la folie, l’amitié, la fuite du temps, les trahisons humaines sont autant de
thèmes chers à l’auteur qu’on retrouve dans ce livre qui est souvent
désopilant. N’hésitez pas à découvrir ses autres œuvres : toutes ne sont
pas aussi savoureuses, mais la plupart sont un vrai régal.
L’Insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera
Loin d’être subversif, le contenu ne manquera pas de vous faire réfléchir sur
le sens de la Vie, de l’Amour, de la fidélité et sur la dichotomie qu’il existe
souvent entre actes et pensées. Je vous laisse confronter mes dires à cet
extrait retranscrit ici fidèlement :
«Il n'existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne, car il
n'existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois
et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans avoir jamais
répété. Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est
déjà la vie même». To be continued…
Balzac et la petite tailleuse chinoise, Daï Sijie
Un livre très poétique, à l’écriture fine et sensible. On se laisse facilement
happer et bercer par la description envoûtante des paysages chinois, malgré une
trame de fond plus âpre. Ce roman prend en effet place dans la chine communiste
des années 1970, alors que des millions de jeunes citadins chinois sont
arrachés à leur foyer et placés loin de chez eux pour être éduqués par des
paysans. Je vous laisse découvrir la suite !
Si Balzac et la petite tailleuse chinoise vous plait, lisez également La
Joueuse de Go de Shan Sa et Soie d’Alessandro Baricco.
1984, George Orwell
Stop ! A lire absolument si ce n’est déjà fait ! Ce livre est LA perle de la
littérature visionnaire, son joyau le plus brillant et le plus représentatif.
Si on pense en plus que George Orwell a écrit ce roman dans la fin des années
50, en 1948 pour être exacte, il y a de quoi être bluffé. 1984 est une satire
violente clairement antipolitique et antiutopique. L’auteur dénonce la
fascination d’un monde pour la technique et la rentabilité, fascination qui le
conduira immanquablement au totalitarisme le plus violent et le plus marqué. On
notera que 1984 a été la source d’inspiration de Brazil, film de Terry
Gilliam. Au cas où vous soyez pris d’une incommensurable flemme de lire, vous
pourrez toujours reposer vos yeux devant ce film. Mais n’oubliez pas : « Big
Brother is watching you »…
A lire aussi si vous avez aimé 1984 : La ferme des
Animaux, du même auteur, Le Meilleur
des Mondes, d’Aldous Huxley, La Nuit
des temps, de René Barjavel…
La vie devant soi, Romain Gary
Ce livre est une fabuleuse histoire d’amour peu banale entre Momo, un petit
garçon juif de six ans, et madame Rosa, une vieille femme juive qui tient une
pension pour les enfants de prostitués. Une histoire incroyable et joyeusement
gouailleuse !
Rouge Brésil, Jean-Christophe Rufin
Une épopée fantastique retracée d’une manière incroyablement
« vraie » et pour cause : le roman est basé sur un fait
historique aussi authentique qu’oublié, puisque pendant le 16ème siècle,
la baie brésilienne de Rio fut une colonie française. Dans cette région qui
produisait une teinture rouge très recherchée, le " rouge du Brésil
", un chevalier de Malte, l'extravagant Yves de Villegagnon (lui aussi
bien réel) débarque en 1555 pour tenter d'établir une colonie pour le compte du
roi de France. La confrontation sera bientôt très difficile entre cette petite
société européenne et les Indiens cannibales qui peuplent la région… un petit
bijou d’aventure, d’amour et de réflexions plus profondes sur la nature
humaine... À lire absolument, si ce n’est déjà fait !
Je
voudrais que quelqu’un m’attende quelque part…, Anna Gavalda
Anna Gavalda est une auteure contemporaine qui gagne
véritablement à être connue. Tout d’abord, parce que sa plume est juste et
sensible sans pour autant tomber dans quelque mièvrerie que ce soit. Elle
décrit les rapports humains comme personne, avec une simplicité toute emprunte
de finesse et de subtilité… j’aime beaucoup. Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part…rassemble douze
nouvelles pleines d’espoirs futiles ou de désespoirs graves. A découvrir
abslument !
Du même auteur : Ensemble,
c’est tout. Un gros pavé qui se lit en un rien de temps !
Et aussi…
- Confession d’une radine, Catherine Cusset
- La
grammaire est un chanson douce, Eric Orsenna
- La confusion de sentiments, Stefan Zweig
- Alcools, Guillaume Apollinaire
- Le rendez-vous, Justine Levy
- Zazie dans le métro, Raymond Queneau
- Autobiographie
d’une courgette, Gilles Paris
- Dernier inventaire avant liquidation, Frédéric Beigbeder (Beigbeder présente dans ce livre 50 ouvrages, ce qui constitue pour vous autant d’autres pistes de lectures !)
- Les
Enfants du Plastique, Thomas Clément, je ne l’ai pas encore lu vu que je suis toujours dans Belle du Seigneur (qui me plait bien pour le moment) mais il paraît qu’il est bien, et en plus, il fait partie de ma whish list à venir :)
Retrouvez d'autres pistes de lecture sur le blog d'Hélène, celui de Lily, de Mathieu ou même sur le mien, tiens, soyons fous ! Et comme toujours, n'héistez pas à me faire part de vous coups de coeur.
04 juillet 2006
E = MC² mon amour - Patrick Cauvin
Un joli livre sans prétention qui se lit vite et avec délectation. La couverture est ultra laide (piètre considération j'en ai conscience), mais son histoire plutôt attachante.
E = MC² mon amour est le récit de deux enfants au QI plus développé que la normale. Lui est banlieusard, un peu roublard, elle habite dans le 16ème avec ses parents. Ensemble, ils vivront une grande et belle histoire d'amour malgré leur jeune âge, et apprendront, à leur dépend, qu'il n'est pas toujours facile de ne pas rentrer dans une catégorie bien précise. On ne peut que saluer la manière si juste dont Patrick Cauvin appréhende l'enfance sans tomber dans le gâtisme !
Un livre frais et léger à emporter dans vos valises cet été (ou dans le métro pour les moins chanceux qui ne gouteront pas cette année aux joies des vacances).
Prochaine lecture : Belle du Seigneur, d'Albert Cohen. Oui, ça y est !! je me suis -enfin- décidée grâce aux différents commentaires que vous aviez laissés sur le sujet il y a un moment... j'espère que le livre sera à la hauteur de mes attentes !
20 juin 2006
En l'absence des hommes - Philippe Besson
"Je ne suis plus un enfant. il ne faut pas se fier aux yeux
verts, à la peau de fille, à cette fragilité de l'apparence, à la
gracilité. Il ne faut pas croire que les yeux baissés, c'est forcément
de la timidité. Je sais ce que je fais. Seixe ans, c'est l'âge des
possibles. Je ne m'interdis rien. Pourquoi m'interdirais-je quoi que ce
soit ?"
J'ai fait la découverte de ce livre au hasard d'un rayon de la Fnac, et il a bien du moisir quelques 6 mois dans ma bibliothèque avant que je me décide à l'en extraire. Comme je regrette de ne pas l'avoir fait avant ! En l'absence des hommes est un de ces livres qui ne peuvent pas laisser indifférent. Un de ces livres qui prend aux tripes, bouleverse, modifie notre perception de la Morale, au moins un peu. En l'absence des hommes, c'est l'histoire d'un jeune homme de 16 ans, Vincent de l'Etoile, qui découvre l'Amour et l'Amitié en pleine guerre. Lui qui évolue dans un cocon doré, trop jeune pour partir à la guerre, trop jeune pour être soucieux, ne sortira pas indemne de la Grande Guerre. Par ricochet, le lecteur non plus... Une lecture saississante, troublante, touchante, émouvante, dure, et un peu triste aussi.
Prochaine lecture : don't know yet...!


