Deedee

La vie trépidante et truculente d'une parisienne à Paris

20 octobre 2006

Lorsque j’étais une œuvre d’art, Eric-Emmanuel Schmidt

eesJ’avais déjà lu des œuvres d’Eric-Emmanuel Schmidt, et j’avais déjà été époustouflée par sa plume juste et subtile, distillant savamment émotions, suspense, horreur ou rire.

Une fois de plus, je n’ai pas été déçue ! D’abord, parce que le sujet de ce livre est tout simplement hallucinant. Un jeune homme, las de se sentir aussi invisible aux yeux des autres qu’inutile, tente de se suicider pour la 4èmefois lorsqu’un homme arrête son geste et lui propose un marché : lui céder son corps et son âme. Devenir un objet, en somme, mais pas n’importe lequel : une œuvre d’art. En échange, il lui promet de lui donner la vie qu’il a toujours rêvé d’avoir, en étant mondialement connu et adulé. L’homme accepte… et entraîne le lecteur dans une aventure aussi loufoque que sombre, hallucinante, triste et finalement, très juste ! N’allez pas croire pour autant que le livre est dramatique. Bien au contraire ! Eric-Emmanuel Schmidt réussi la prouesse de nous décrire cette histoire comme un fait divers, sans dramatiser, sans émettre quelque jugement de valeur que ce soit : c’est au lecteur, et à lui seul, qu’appartient ce pouvoir. Du grand art !

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Prochaine lecture : Pars vite et reviens tard, de Fred Vargas. On m’en parle depuis… 2003 !!!, j’ai fini par me laisser convaincre :)

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11 octobre 2006

David Abiker - Le Mur des Lamentations

abikerTous victimes et fiers de l’être

« J’ai toujours adoré me plaindre, me lamenter. Longtemps, je l’ai fait en amateur, pour un rien, devant un public confidentiel. Et puis un jour, frappé par le destin, j’ai décidé de faire victime de compétition. Pas simple ! La concurrence est rude. Il faut savoir gémir sans lasser, communiquer tout en restant naturel, attendrir sans écoeurer. Heureusement, les gens sont gentils, ils vous aident à réussir. L’époque aussi est propice. Elle assure le soutien psychologique, fournit les kleenex et prend les photos. » Se poser en victime est devenu un sport national. En politique, au bureau, chez le coiffeur, au guichet et jusque sur le petit écran tout est vraiment « trop injuste ».

Après Le Musée de l’Homme, David Abiker s’attaque une fois de plus avec talent à un morceau de choix : l’art de s’ériger en victime. Comment être une bonne victime ? C’est ce que nous dévoile l’auteur à travers Maouh, le père de famille emblématique de notre société qui reprend du service pour l’occasion. Maouh a la trentaine. Il est père de famille, habite dans le 16ème et conduit un 4X4. Une vie banale parmi d’autres en somme. Jusqu’au jour où sans crier gare, le cancer vient chambouler sa vie. Maouh prend alors conscience que grâce à son cancer, situé qui plus est dans une zone complètement inavouable, quelle aubaine !, il va enfin pouvoir attirer l’attention de ses congénères. Fini la victimisation de second ordre où ses plaintes n'ont que peu d’échos, Maouh entre dans la cours des grands et trouve une nouvelle raison de vivre dans cette société qui accorde tant de crédit aux victimes.

David Abiker et son Mur des Lamentations nous emmènent sur des rivages que l’on n’aurait même pas osé imaginer, le tout avec un humour étincelant et un style qui personnellement, me plait énormément. « Préparez vos mouchoirs, vous allez pleurer... de rire ! » : la jaquette du livre ne ment pas !

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Prochaine lecture
: Lorsque j'étais une oeuvre d'art, d'Eric Emmanuel-Schmitt

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03 octobre 2006

People or not People - Lauren Weisberger

peopleJe ne l’ai pas fait exprès, mais je termine à l’instant ou presque le dernier opus de la miss Weisberger… Celle là même qui a écrit Le diable s’habille en Prada. La journée sera donc placée sous le signe de la lecture de greluche. Avouez que vous êtes ravis !

People or not People est une lecture éminemment légère et pétillante. Cette fois-ci, Lauren Weisberger s’est intéressée au monde des VIP et des personnes « qui valent la peine d’être connues ». L’incursion d’une mademoiselle-tout-le-monde dans un monde fait de strass et de paillettes, pas toujours très reluisant pour autant, vous vous en doutiez. Une lecture légère, à laquelle je n’ai pas entièrement adhéré (tout comme pour la chute du diable s’habille en Prada, qui m’avait horripilée par sa mièvrerie et ses bons sentiments made in USA) menfin ya pas à dire, People or not People est une lecture fraîche in fine fort sympathique pour accompagner ses trajets quotidiens de métro.

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Prochaine lecture : Le mur des lamentations de David Abiker. Je l’ai commencé et je le dévore déjà non stop… à suivre !

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01 septembre 2006

Pierre Assouline - Lutetia

lutetiaUn livre très déroutant. Un monument dérangeant. Une trame… obsédante !

Le pitch d’Amazone : Tapi dans les recoins les plus secrets du Lutetia, un homme voit l'Europe s'enfoncer dans la guerre mondiale. Edouard Kiefer, Alsacien, ancien flic des RG. Détective chargé de la sécurité de l'hôtel et de ses clients. Discret et intouchable, nul ne sait ce qu'il pense. Dans un Paris vaincu, occupé, humilié, aux heures les plus sombres de la collaboration, cet homme est hanté par une question : jusqu'où peut-on aller sans trahir sa conscience ? De 1938 à 1945, l'hôtel Lutetia - l'unique palace de la rive gauche - partage le destin de la France. Entre ses murs se succèdent exilés, écrivains et artistes, puis officiers nazis et trafiquants du marché noir, pour laisser place enfin à la cohorte des déportés de retour des camps. En accordant précision biographique et souffle romanesque, Pierre Assouline redonne vie à la légende perdue du grand hôtel, avec un art du clair-obscur qui convient mieux que tout autre au mythique Lutetia.

Mon avis à moa : Lutetia revient sur la période obscure de ce grand hôtel parisien, réquisitionné comme tant d’autres lors de la seconde guerre mondiale par les allemands. Une histoire passionnante, parce qu’elle nous conte des anecdotes peu ou mal connues sur cette période trouble : comment l’hôtel et son personnel ont fait face à l’occupation ? Comment ont-ils supporté ce joug intolérable ? Comment, surtout, sont-ils passé de l’occupation allemande à l’accueil des déportés ? Le livre est souvent bouleversant, même si il manque parfois de sentiments,surtout dans les deux premières parties. Non pas que j’aurais préféré tomber dans une démonstration ostentatoire et finalement gênante, mais le narrateur, fil conducteur de cette histoire, est parfois un peu trop réservé.

Je crois qu’in fine, ce qui m’a le plus gêné dans ce livre, c’est le mélange que Pierre Assouline fait de l’histoire et de la fiction. Comment faire la part des choses et savoir ce qui est vrai de ce qui ne l’est pas ? J’avoue avoir un peu de mal à faire la part des choses. A mon sens, on écrit soit un roman historique, soit une fiction. Mais pas une fiction historique. L’écriture est qui plus est parfois un peu poussive, surtout dans la première partie du livre, même si je l'ai malgré tout apprécié !

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28 août 2006

A vos marques, prêts, lisez ?

livresJ’adore plus que tout lire. Sans la lecture, j’aurais l’impression qu’on m’ampute d’une partie de moi-même, d’une partie de mes attentes et de mes fenêtres vers autant d’univers qui tour à tour, m’envoûtent, me séduisent, m’énervent, m’émeuvent, parfois jusqu’aux larmes !, me font rire ou m’ennuient. Je suis une boulimique de lecture. Je lis de tout, dès que je le peux. Des romans sérieux, des livres pour rire, un soupçon de romans policiers, rarement des livres de société ou d’actualité, des romans visionnaires ou hisotirques et parfois même, des livres en anglais, histoire de. Oh évidemment, avec une vie trépidante et truculente comme la mienne, je ne lis pas 15 heures par jour, vous vous en doutez. Menfin j’aime ça, vous l’aurez compris.

Pourtant, je ne suis pas fan de la rentrée littéraire, beaucoup trop marketing à mon goût. Certes, les nouveautés sont toujours intéressantes, l'occasion de découvrir de nouveaux talents, de nouvelles plumes.. Mais globalement, pour moi, une nouveauté littéraire est quasiment du domaine de l’hérésie ! Nouveau, nouveau, c’est bien joli, mais qu’est-ce qu’on fait du reste ? On prend, et on balance ? On oublie ? On remise ? Quand je pense au nombre de livres que je n’aurais jamais assez d’une vie pour lire, cette rentrée littéraire me déprime un peu plus.  Et puis je préfère les livres de poche. Moins chers, moins encombrants, moins « dans le vent ». Parce que ça m’énerve, ça aussi, ce « il faut lire » pour en être. Moi, je lis ce que je veux, quand je veux. Je n’ai pas besoin de suivre une mode en la matière, ou de me gargariser des dernières lectures « in ». A une exception près : j’achèterai probablement Journal d’Hirondelle de l’inénarrable Amélie Nothomb. Une exception qui confirme la règle…

Et vous, êtes-vous rentrée littéraire ou non ?

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14 août 2006

Belle du Seigneur - Albert Cohen

chroniques

BDSAyé ! Au bout d'un mois et demi, je termine enfin Belle du Seigneur.

Je sors de cette lecture aussi perplexe que ravie, aussi déroutée qu'envoutée, aussi stupéfaite que charmée... Car cette Oeuvre ne se résume pas en quelques lignes, loin s'en faut ! Et combien d'avis avais-je eus avant cette lecture ! J'avais déjà l'impression de connaître le livre avant même de l'avoir lu, ce qui m'a menée droit dans le guidon, d'ailleurs : allez savoir pourquoi, j'étais persuadée que l'intrigue se nouait aux alentours de la fin du 18ème siècle, avec robes à crinoline et tout le tintouin.. Faux, puisque Albert Cohen campe son amour passion dans l'entre deux guerres, en 1935, même.

Quoiqu'il en soit, j'ai énormément aimé cette lecture. On ne ressort pas indemne de Belle du Seigneur. Longtemps, le livre revient en mémoire et on se prend à penser à tel ou tel aspect des choses, de l'intrigue, de cette passion aussi dévorante que destructrice...

Je suis pour ma part complétement bluffée par l'écriture d'Albert Cohen, juste, précise, envoûtante et captivante. Certaines phrases m'ont complétement remuée, en quelques mots à peine.. J'ai aimé plus que tout la satire de la société bourgeoise dont les acteurs sont obnubilés par leurs stratégies d'ascension sociale : toutes les manoeuvres décrites par Cohen sont savoureuses ! Evidemment adoré cette passion amoureuse tellement entière, tellement savoureuse, tellement bien mise en scène... j'en ai encore des frissons. Et ce constat que je trouve plus que vrai, pour ma part, et qui est qu'un amour se nourrit forcément du social, au risque de péricliter autrement. Et aussi, cette description de l'antisémitisme montant, et la manière dont un juif peut percevoir cette haine aussi violente qu'hypocrite... somptueux.

Oh bien sûr je vous l'accorde, parfois Belle du Seigneur prend ses aises et se traîne un peu. Langoureusement, follement, suavement, avidement... mais parfois aussi un chouïa rasant ! Les monologues en sont un bon exemple. J'aime le principe, mais on finit quand même par s'en lasser. Cela étant, à part ça, rien à dire. Belle du Seigneur est réellement un petit bijou et je ne regrette qu'une seule chose : ne pas l'avoir lu avant !

Prochaine lecture : Lutétia, de Pierre Assouline

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04 août 2006

Mes lectures d'été

livresEmbarquement pour le sud dans quelques malheureuses petites heures, impensable de ne pas passer dans la Fnac la plus proche pour faire le plein de livres à déguster au petit bonheur la chance, doigts de pieds dans l'eau, crème solaire sur la peau et lunettes obviously de pétasse sur le nez.

Comme d'habitude, faire un choix dans les rayons de la Fnac relève d'une mission aussi périlleuse qu'angoissante : j'ai envie de tout acheter, mais ma carte bleue, encore elle, toujours elle !, n'est pas toujours d'accord avec mes choix. je déambule donc entre les rayons littérature française et littérature étrangère, je choisis toujours des livres de poche, moins chers, moins encombrants, j'en selectionne autant que je peux en porter à bout de bras. Vient ensuite l'étape critique du tri... La moitié des livres choisis n'y survivra pas !! Je repose tant bien que mal les livres rejetés, ils avaient pourtant l'air si appétissants !!, relis une ou deux fois les résumés de 4ème de couverture comme ils disent, (mais au fait, est-ce bien la 4ème de couv ? je suis prise d'un affreux doute !), et repars avec 3 livres les jours où la carte bleue est mal lunée, 6 lorsqu'elle se laisse amadouer par mes suppliques dignes des plus belles déclarations d'amour.

Voilà donc la sélection de l'été que je vous soumets pour vous donner éventuellement quelques pistes de lectures. Je ne les ai pas lu, évidemment, sinon je ne les aurais pas achetés !

Lutetia, de Pierre Assouline.
Mon premier livre de cet auteur. Mais le résumé m'a inspirée : Le Lutetia, le mythique – et unique – palace de la Rive gauche… tel est le cadre du nouveau et très réussi roman de Pierre Assouline, brillant journaliste (ex-rédacteur en chef de Lire actuellement chroniqueur sur le site Internet du Monde), biographe incomparable (Gaston Gallimard, Simenon, Hergé, la famille Camondo) et romancier aux sujets toujours captivants, dont Double vie… Ici, le héros en mène une, de double vie, puisqu’il s’agit d’un ancien des RG reconverti dans la protection discrète des clients du prestigieux hôtel. Témoin des histoires qui agitent le Lutetia entre 1938 et 1945, il nous prend par la main pour revivre les heures sombres de la collaboration et côtoyer artistes et officiers nazis, petit personnel et grandes ordures du marché noir avant que l’hôtel ne se transforme en lieu de retour des déportés (ce que certains ont peut-être pu lire dans le très beau roman de Soazig Aaron, Le Non de Klara). La particularité de cet homme double arpentant les couloirs de l’hôtel ? Son côté tout simplement humain, obsédé qu’il est par la question de la morale individuelle… et donc par les mille et une manières de la trahir ou de la respecter.
Un roman d’une grande intelligence où le plaisir de la fiction est parfaitement servi par une érudition à toute épreuve.

Cliente, de Josiane Balasko
Parce que j'aime l'actrice et parce que j'avais entendu parlé de son roman. L'ayant apperçu sur un coin de gondole, hop !
Fanny et Marco sont mariés depuis quatre ans. Ils s’aiment. Elle travaille dans un salon de coiffure, lui exécute de petits boulots sur des chantiers. Du moins, c’est ce qu’elle croit, jusqu’au jour où elle découvre son vrai métier : escort boy. Marco se prostitue. Il vend ses charmes à des femmes riches et solitaires.
Parmi ces dernières, Judith, animatrice d’une émission de télé-achat, qui s’est attachée au jeune homme au point de le recevoir chez elle… L’intrigue est nouée. Les relations du trio vont-elles tourner au drame ou à la farce, au vaudeville ou à la comédie de mœurs ?
Comédienne adorée du grand public, mais aussi scénariste et réalisatrice, Josiane Balasko nous fait passer du rire aux larmes avec autant de brio que de tendresse. Et c’est en vraie romancière qu’elle dépeint aussi bien le jeune couple amoureux que l’angoisse d’une femme libre, désemparée face à l’âge qui vient…

Bubble Gum, de Lolita Pille
J'avais adoré Hell, allez savoir pourquoi.. ! La jeunesse dorée m'énerve, j'ai envie de leur coller des claques et je suis tout sauf envieuse. Pourtant, j'ai aimé ce livre, plus que de raison. J'ai été émue, touchée, emballée par les écrits de cette très jeune auteure... Tant et si bien que j'ai eu envie de lire son deuxième roman.
Le pitch de la Fnac pour Bubble Gum : De nos jours, Cendrillon s’ennuie à servir des pastis dans un bistro de province. Le bal dont elle rêve, c’est celui des photos de mode, du cinéma et de la presse « people ».
Ce rêve, Manon va s’efforcer de le réaliser. Elle est jolie, et il ne lui faut qu’un peu d’audace et une robe sexy pour se glisser dans les soirées parisiennes de la jet set, où elle rencontre Derek, un milliardaire désabusé qui grille sa vie entre la drogue, l’alcool et les orgies. C’est cet homme qui va lui tendre un piège terrible, l’amener au bord de la déchéance et de la folie… La très jeune romancière de Hell, grand succès de librairie déjà traduit en cinq langues, décrit avec une lucidité impitoyable un monde où chacun est prêt à se damner pour un quart d’heure de fausse gloire. Et impose un tempérament d’écrivain avec lequel, indiscutablement, il va falloir compter.

L'attrape coeur, de Jérôme-David Salinger
Celui là, on me le conseille souvent. Il paraît que c'est un classique, un livre boulversifiant. Je ne demande qu'à voir !
Holden Caufield, 16 ans, est renvoyé de la pension où il ne fait pas grand chose. L’adolescent aussi désoeuvré que désabusé décide de traîner dans les rues de New-York au lieu de rentrer chez lui. Il nous raconte son histoire tout en refusant de « défiler sa complète autobiographie ». Au cours de son récit, on pressent avec force ce qu’il se contente d’évoquer : la douleur qui a suivi la mort de son frère, le malaise qui sourd en lui, ses difficultés d’adaptation, la grande tendresse qu'il voue à sa petite soeur… Lors de cette déambulation qui peut s'apparenter à une quête, Holden fera de bonnes et de mauvaises rencontres qui vont finalement l'inciter à revenir sur la bonne voie...

L'oeuvre de Dieu, la part du diable, de John Irving
Là, je dois dire que j'étais moyennement convaincue. Irving, j'ai donné : la quatrième main et le monde selon Garp, j'ai pas exactement aimé. J'ai trouvé ça long et hyper ennuyeux.. Je crois que je n'ai même pas terminé le second, fait rarissime dans mes habitudes de lectrice ! Mais je t'ai écouté, cher public, toi qui m'a vivement recommandé et plus d'une fois encore ce livre.. Je me lance donc !
Pour ceux qui ne l'auraient pas lu, le pitch Fnac : Le docteur Wilbur Larch ne met au monde que des enfants non désirés, qui trouveront rapidement des parents adoptifs. C'est là "l'oeuvre de Dieu". Mais ce gynécologue excentrique assume également la "part du Diable" en pratiquant l'avortement clandestin. Que faire lorsqu'un orphelin refuse de quitter l'orphelinat, son véritable foyer ? Entre le médecin aux deux visages et le jeune garçon rebelle, des liens vont se former. Armé de son optimisme légendaire, John Irving décrit les situations les plus dramatiques sans jamais sombrer dans le pathos. Un roman à couper le souffle.

Et enfin, si je suis malgré ça encore en manque alors que je n'aurais de toutes façons pas le temps de terminer Belle du Seigneur et de lire ces 5 livres, j'irais me procurer Les Enfants du Plastique de Thomas Clément. Si le livre reflète un tant soit peu son auteur, il y a une forte chance pour qu'il soit intéressant.

Avec tous ces trésors, ma valise pèse à peine 5 kg sans l'intégralité des choses absolument IN-DIS-PEN-SABLES que je vais y rajouter.. Je suis ravie !

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25 juillet 2006

10 pistes de lectures pour cet été, et plus si affinité...

J'ai pu remarquer que je n'étais pas la seule à être une boulimique de lecture. ça et là, des conseils fusent et m'aident à faire mon choix devant les rayons toujours plus impressionnants des librairies !

Voilà donc quelques pistes complétement hétéroclites et arbitraires à déguster sans modération cet été, au bord de la plage, les pieds dans l'eau, dans le métro ou au vert !

ecumeL’Ecume des Jours, Boris Vian
Un petit bijou du loufoque, ça n’est rien de le dire ! Derrière ce titre pétillant se cache une histoire d’amour tragique et drôle tout à la fois, sur fond de jazz et de science fiction. Le cauchemar côtoie le burlesque, Sartre est tourné en dérision et les jeux de mots abondent dans ce grand roman qui ne nous laisse pas indifférent, et qui est d’ailleurs une de mes lectures préférées. Les amoureux de jazz seront particulièrement bien servis, avec Duke Ellington en « musique » de fond d’un bout à l’autre du roman… à déguster sans modération !

amourL’Amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder
Là, je vous vois frémir. Ah non !! Pas lui ! Avec son menton en galoche et sa tête à claque, je REFUSE de parcourir ne serait ce qu’une seule de ses lignes ! Et bien vous avez tort. S’il est vrai que le personnage est parfois pénible, ses écrits, eux, sont exquis. Une bonne dose d’humour noir et corrosif, ajoutez à cela une cuillère à soupe de dérision et une pointe de mauvaise foi, et vous obtenez un grand cru façon Beigbeder. L’Amour dure trois ans est, à mon très humble avis, son œuvre majeure. Elle trouve d’ailleurs écho dans la plupart de ses autres romans, y compris dans Windows on The World, que je vous recommande tout aussi chaleureusement, bien que ce roman soit un peu différent des autres. Certes le cynisme y est toujours de mise, (et heureusement, car dans le cas contraire, on sombrerait vite dans la déprime) mais dans une moindre mesure. J’ai particulièrement aimé également la manière dont cet événement a été traité : ni larmoyant, ni accusateur. Un simple constat tragique sur fond de comédie burlesque, si ce n’est que la réalité ne peut être occultée…En revanche, vu que pour le coup, j’ai totalement occulté L’Amour dure trois ans pour parler de Windows on The World, je vous invite à le lire pour vous faire votre propre avis.

amourAmour, Prozac et autres curiosités, Lucia Etxebarria
La lecture transat par excellence ! L’auteur croise les portraits de trois sœurs dans l’Espagne de l’après Movida. Elles sont on ne peut plus différentes, à tel point qu’elles n’arrivent plus vraiment à communiquer. Mais les apparences sont parfois trompeuses et bien malin sera le lecteur qui ne succombera pas à sa première impression ! C’est drôle, parfois un peu trash et très souvent émouvant.


metaMétaphysique des tubes
, Amélie Nothomb

Le « problème » d’Amélie Nothomb, si je puis m’exprimer ainsi, est qu’elle écrit beaucoup. Trop pour certains, qui ne la perçoivent que comme un simple produit marketing se contentant de jouer de son image de personnage fantasque et décalé pour promouvoir le roman qu’elle sort à chaque rentrée littéraire, rituel immuable depuis 1992. Cette impression est regrettable, car l’écrivain belge a une plume divinement ensorcelante dont, logiquement, on ne se lasse point. Son style est frais et accrocheur, servi par un vocabulaire somptueux…Amoureux des mots, Amélie Nothomb vous ravira. La laideur, la beauté, la folie, l’amitié, la fuite du temps, les trahisons humaines sont autant de thèmes chers à l’auteur qu’on retrouve dans ce livre qui est souvent désopilant. N’hésitez pas à découvrir ses autres œuvres : toutes ne sont pas aussi savoureuses, mais la plupart sont un vrai régal.  

insoutenableL’Insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera
Loin d’être subversif, le contenu ne manquera pas de vous faire réfléchir sur le sens de la Vie, de l’Amour, de la fidélité et sur la dichotomie qu’il existe souvent entre actes et pensées. Je vous laisse confronter mes dires à cet extrait retranscrit ici fidèlement :
«Il n'existe aucun moyen de vérifier quelle décision est la bonne, car il n'existe aucune comparaison. Tout est vécu tout de suite pour la première fois et sans préparation. Comme si un acteur entrait en scène sans avoir jamais répété. Mais que peut valoir la vie, si la première répétition de la vie est déjà la vie même». To be continued…

balzacBalzac et la petite tailleuse chinoise, Daï Sijie
Un livre très poétique, à l’écriture fine et sensible. On se laisse facilement happer et bercer par la description envoûtante des paysages chinois, malgré une trame de fond plus âpre. Ce roman prend en effet place dans la chine communiste des années 1970, alors que des millions de jeunes citadins chinois sont arrachés à leur foyer et placés loin de chez eux pour être éduqués par des paysans. Je vous laisse découvrir la suite !
Si Balzac et la petite tailleuse chinoise vous plait, lisez également La Joueuse de Go de Shan Sa et Soie d’Alessandro Baricco.

19851984, George Orwell
Stop ! A lire absolument si ce n’est déjà fait ! Ce livre est LA perle de la littérature visionnaire, son joyau le plus brillant et le plus représentatif. Si on pense en plus que George Orwell a écrit ce roman dans la fin des années 50, en 1948 pour être exacte, il y a de quoi être bluffé. 1984 est une satire violente clairement antipolitique et antiutopique. L’auteur dénonce la fascination d’un monde pour la technique et la rentabilité, fascination qui le conduira immanquablement au totalitarisme le plus violent et le plus marqué. On notera que 1984 a été la source d’inspiration de Brazil, film de Terry Gilliam. Au cas où vous soyez pris d’une incommensurable flemme de lire, vous pourrez toujours reposer vos yeux devant ce film. Mais n’oubliez pas : « Big Brother is watching you »…
A lire aussi si vous avez aimé 1984 : La ferme des Animaux, du même auteur, Le Meilleur des Mondes, d’Aldous Huxley, La Nuit des temps, de René Barjavel…

vieLa vie devant soi, Romain Gary
Ce livre est une fabuleuse histoire d’amour peu banale entre Momo, un petit garçon juif de six ans, et madame Rosa, une vieille femme juive qui tient une pension pour les enfants de prostitués. Une histoire incroyable et joyeusement gouailleuse !



rouge_bresilRouge Brésil
, Jean-Christophe Rufin

Une épopée fantastique retracée d’une manière incroyablement « vraie » et pour cause : le roman est basé sur un fait historique aussi authentique qu’oublié, puisque pendant le 16ème siècle, la baie brésilienne de Rio fut une colonie française. Dans cette région qui produisait une teinture rouge très recherchée, le " rouge du Brésil ", un chevalier de Malte, l'extravagant Yves de Villegagnon (lui aussi bien réel) débarque en 1555 pour tenter d'établir une colonie pour le compte du roi de France. La confrontation sera bientôt très difficile entre cette petite société européenne et les Indiens cannibales qui peuplent la région… un petit bijou d’aventure, d’amour et de réflexions plus profondes sur la nature humaine... À lire absolument, si ce n’est déjà fait !
 
anna_gavaldaJe voudrais que quelqu’un m’attende quelque part…, Anna Gavalda
Anna Gavalda est une auteure contemporaine qui gagne véritablement à être connue. Tout d’abord, parce que sa plume est juste et sensible sans pour autant tomber dans quelque mièvrerie que ce soit. Elle décrit les rapports humains comme personne, avec une simplicité toute emprunte de finesse et de subtilité… j’aime beaucoup. Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part…rassemble douze nouvelles pleines d’espoirs futiles ou de désespoirs graves. A découvrir abslument !
Du même auteur : Ensemble, c’est tout. Un gros pavé qui se lit en un rien de temps !


Et aussi…

  • Confession d’une radine, Catherine Cusset
  • La grammaire est un chanson douce, Eric Orsenna
  • La confusion de sentiments, Stefan Zweig
  • Alcools, Guillaume Apollinaire
  • Le rendez-vous, Justine Levy
  • Zazie dans le métro, Raymond Queneau
  • Autobiographie d’une courgette, Gilles Paris
  • Dernier inventaire avant liquidation, Frédéric Beigbeder (Beigbeder présente dans ce livre 50 ouvrages, ce qui constitue pour vous autant d’autres pistes de lectures !)
  • Les Enfants du Plastique, Thomas Clément, je ne l’ai pas encore lu vu que je suis toujours dans Belle du Seigneur (qui me plait bien pour le moment) mais il paraît qu’il est bien, et en plus, il fait partie de ma whish list à venir :)

Retrouvez d'autres pistes de lecture sur le blog d'Hélène, celui de Lily, de Mathieu ou même sur le mien, tiens, soyons fous ! Et comme toujours, n'héistez pas à me faire part de vous coups de coeur.

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04 juillet 2006

E = MC² mon amour - Patrick Cauvin

9782253031192Un joli livre sans prétention qui se lit vite et avec délectation. La couverture est ultra laide (piètre considération j'en ai conscience), mais son histoire plutôt attachante.

E = MC² mon amour est le récit de deux enfants au QI plus développé que la normale. Lui est banlieusard, un peu roublard, elle habite dans le 16ème avec ses parents. Ensemble, ils vivront une grande et belle histoire d'amour malgré leur jeune âge, et apprendront, à leur dépend, qu'il n'est pas toujours facile de ne pas rentrer dans une catégorie bien précise. On ne peut que saluer la manière si juste dont Patrick Cauvin appréhende l'enfance sans tomber dans le gâtisme !
Un livre frais et léger à emporter dans vos valises cet été (ou dans le métro pour les moins chanceux qui ne gouteront pas cette année aux joies des vacances).

t_avis_bon

Prochaine lecture : Belle du Seigneur, d'Albert Cohen. Oui, ça y est !! je me suis -enfin- décidée grâce aux différents commentaires que vous aviez laissés sur le sujet il y a un moment... j'espère que le livre sera à la hauteur de mes attentes !

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20 juin 2006

En l'absence des hommes - Philippe Besson

9782266144322"Je ne suis plus un enfant. il ne faut pas se fier aux yeux verts, à la peau de fille, à cette fragilité de l'apparence, à la gracilité. Il ne faut pas croire que les yeux baissés, c'est forcément de la timidité. Je sais ce que je fais. Seixe ans, c'est l'âge des possibles. Je ne m'interdis rien. Pourquoi m'interdirais-je quoi que ce soit ?"

J'ai fait la découverte de ce livre au hasard d'un rayon de la Fnac, et il a bien du moisir quelques 6 mois dans ma bibliothèque avant que je me décide à l'en extraire. Comme je regrette de ne pas l'avoir fait avant ! En l'absence des hommes est un de ces livres qui ne peuvent pas laisser indifférent. Un de ces livres qui prend aux tripes, bouleverse, modifie notre perception de la Morale, au moins un peu. En l'absence des hommes, c'est l'histoire d'un jeune homme de 16 ans, Vincent de l'Etoile, qui découvre l'Amour et l'Amitié en pleine guerre. Lui qui évolue dans un cocon doré, trop jeune pour partir à la guerre, trop jeune pour être soucieux, ne sortira pas indemne de la Grande Guerre. Par ricochet, le lecteur non plus... Une lecture saississante, troublante, touchante, émouvante, dure, et un peu triste aussi.

avis_a_ne_pas_manquer7

Prochaine lecture : don't know yet...!

Posté par deedee75 à 08:12 - Culture confiture - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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